samedi 16 septembre 2017

LE COUPLE D’À CÔTÉ

LE COUPLE D’À CÔTÉ de SHARI LAPENA
336 PAGES aux Editions Presses de la Cité



Ne vous fiez pas au bonheur de façade...
Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu'à cela ne tienne : ils emportent avec eux le babyphone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s'étire. La dernière fois qu'ils sont allés la voir, Cora dormait à poings fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l'impensable s'est produit : le berceau est vide.




Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui. Or, la police ne s'arrête pas aux apparences... Qu'est-ce que l'enquête va bien pouvoir mettre au jour ?

Un chef-d'oeuvre de suspense, de twists et de faux-semblant, best-seller en Grande-Bretagne et aux États-Unis, déjà en cours de publication dans 30 pays.


MON AVIS :

Je remercie Babelio et Les presses de la Cité de m'avoir proposé la lecture de ce roman.

Un thriller relatant l'enlèvement d'un enfant, la relation de voisinage entre deux couples habitant une maison mitoyenne... Des apparences trompeuses ? j'ai eu peur de ne pas accrocher, tant j'avais aimé "Derrière les portes".

Somme toute une première sortie depuis la naissance de Cora, chez les voisins les Stillwell, qui aurait dû être agréable, sans la petite, car Cynthia n'aime pas les bébés.  Juste un jardinet à traverser, la maison est mitoyenne de la leur, l'assurance d'être vite de retour auprès de leur fille. Anne est toujours fatiguée, traitée pour une dépression post-partum. Elle s'est laissée convaincre par Marco et les précautions proposées. Il a souligné que Cynthia voulait une soirée entre adultes, c'est si prêt, qu'aurait-il pu se passer ?

Seulement voilà, malgré le baby phone, les visites chacun leur tour, au chevet de la petite, toutes les trente minutes, à 1h35 du matin c'est le drame, la petite a disparu de son petit lit à l'étage.

Quoi de plus horrible pour les parents ! Le frisson vous secoue l'échine et vous embarquez dans l'angoisse de la mère, les questionnements de la grand-mère. Les relations entre époux et voisins.
L'étrange et stoïque inspecteur Rasbach vous entraîne dans ses certitudes : les parents bien sûr. 
De quelle pathologie a souffert Anne dans sa jeunesse ? Les affaires de Marco sont-elles florissantes. Simplissime donc ! c'est l'un ou l'autre ou mieux les deux... 

Mais ne dit-on pas que : "l'important c'est le voyage pas la destination". C'est tout à fait vrai avec cette histoire qui ne va pas révolutionner le genre MAIS l'auteure réussit à vous emporter dans un suspense, des rebondissements qui vous bousculeront. Tout le monde aurait-il quelque chose à cacher ?


Les personnages sont plus complexes qu'il n'y paraît et l'on tourne les pages, cela devient addictif ! L'histoire est rythmée, bien construite, les amoureux des thrillers s'attacheront à la psychologie des protagonistes. 


L'auteure nous fait danser à son tempo, c'est un rock acrobatique qui s'accélère au milieu du livre. L'énigmatique Rasbach vous laissera croire que vous avez tout découvert, mais vous ne ferez qu'effleurer la vérité !


L'histoire est ingénieusement inventive et chronophage, vérifiez que vous disposez de temps pour vous y plonger, vous ne pourrez pas le lâcher.

lundi 21 août 2017

LE BOUC EMISSAIRE

LE BOUC EMISSAIRE    480 PAGES
DAPHNE DU MAURIER  Editions Livre de Poche


John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean… Comme dans Rebecca, on retrouve dans ce livre la cruauté, l’étrangeté et l'art du suspense de Daphné du Maurier.


MON AVIS
Un classique à emporter pour les vacances ? Pourquoi pas ce roman moins connu que Rebecca de Daphné du Maurier.
John et Jean de Gué, le buffet de la gare, un grand miroir, deux regards absolument identiques se croisent.
John l'anglais, plus français que nature, passionné d'histoire, vient faire le point, dans l'Abbaye de la Grande Trappe, sur sa vie. Aucunes attaches, il est un professeur de français amoureux de la France, personne ne l'attend. Jean de Gué, Bordelais, fils de famille de riche verriers rentre d'un périple parisien. Il n'a pas précisé quand il rentrerait au domaine. 
Ces deux-là vont dîner au Buffet de la Gare du Mans, comme pourraient l'avoir fait deux êtres interloqués par leur si profonde ressemblance.
Seulement voilà, Jean voit en John l'échappatoire qu'il n'attendait plus... Jean de Gué étouffe dans sa vie de châtelain, les non-dits de sa famille pleine de rancoeurs, sans véritable joie, ni amour. La verrerie familiale lui pèse, il est acculé. Il va raconter son histoire à John, lui proposer de prendre sa place comme s'il s'agissait d'une aventure et devant le peu d'empressement de l'anglais, forcer le destin en lui volant son identité, ne lui laissant aucun autre choix que celui de se mettre dans sa peau.
John a bon fond. Il va s'attacher à Marie-Noëlle, la fille de Jean, aux femmes de cette famille, à la verrerie. Il va découvrir la maîtresse du châtelain, mais aussi son profond égoïsme, sa désinvolture. Lui qui se rêvait français, va se sentir enfermer dans cette drôle de situation, la tension va monter crescendo au fur et à mesure de ses découvertes concernant la personnalité de Jean et de son environnement.  Il a l'illusion d'avoir trouvé une famille, de n'être plus seul mais les problèmes à régler et ce qu'il va mettre au jour sont si lourds... N'était-il pas mieux dans sa petite vie triste ? Comment peut-il trouver les solutions tant espérées pour sauver la verrerie, le domaine ? Existe-t-il un syndrome du sauveur chez John, endosser la vie de son double suffira-t-il a donné un sens à sa propre vie ?
Beaucoup de sujets sont abordés dans ce roman, la solitude, l'hypocrisie, le pardon, l'opportunisme y compris pendant cette période trouble de la Seconde Guerre mondiale. Le suspense et la tension qui monte jusqu'à cette fin très inattendue rendent le roman addictif. 
On veut savoir si Jean reprendrait sa place, si John saura faire prendre à sa vie un tour plus heureux... Cette histoire est un questionnement sur l'identité, le bien et le mal. Tout le monde a-t-il réellement été dupe ? J'ai beaucoup aimé ce roman, à vous de le découvrir maintenant !

mardi 15 août 2017

LE GANG DES RÊVES

LE GANG DES RÊVES de Luca Di Fulvio
Editions Pocket 942 pages

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?






MON AVIS :

Ce roman fait battre le coeur ! 

Les années 1900 vécues par une poignée de personnages à l'heure du "tout est possible" pourvu que ce soit en Amérique. La naissance de New York vécue par ceux qui ont eu la chance de quitter Ellis Island, de devenir américain même s'ils ne comprennent pas la langue. Les ghettos : Italien Lower East Side, Juif, Nègre et le mépris des uns pour les autres, jusqu'à ce que le rêve existe pour ceux qui entreprennent de le faire vivre.

Cetta a fui un destin tragique, la misère n'est pas moins pénible au soleil et malgré les précautions de sa mère, elle subira la pire des violences faites aux femmes : le viol. Elle a choisi d'offrir un avenir à son fils : il sera américain ! Natale deviendra Christmas.

Un roman dérangeant dans sa première partie avec les exactions commises par Bill, la dureté de la vie pour tous ces pauvres venus d'ailleurs puis vibrant et attachant comme le lien entre Cetta et Sal, l'Amitié avec un grand A entre Santo et Christmas, de l'Amour entre Ruth et son grand-père Saul, enfin celui de Christmas immédiat pour Ruth dès qu'il a croisé ses yeux verts tuméfiés le soir tragique ou elle a voulu tromper son ennui de petite fille riche.

Chaque personnage a une existence et cette saga ne serait pas la même s'il manquait ne serait-ce que l'un d'entre eux ! Christmas et son bagout de gamin des rues, sa débrouille et sa faconde intelligente lui feront vivre la naissance du cinéma, de la radio grâce à Karl et au magasinier noir qui lui affirmeront qu'il a un nom de nègre. Avec lui, vous croirez au "Diamond Dogs" et vous hisserez le torchon bien haut sous l'horloge perpétuelle de la CKC.

On vit la grande dépression, la discrimination, la mafia et le début des grandes industries : automobile avec Ford, le cinéma, la radio. Il suffisait d'y croire et le rêve était possible...

A lire absolument ce roman qui devrait devenir un classique et pourquoi pas une adaptation cinématographique. Tout y est pour captiver le lecteur et le laisser orphelin de tous ces personnages plus vrais que nature !



mercredi 26 juillet 2017

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE
Virgine Grimaldi 477 pages 

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…
Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.
  
C’est émouvant, c’est pétillant, c’est frais. Une belle réussite. Le Dauphiné libéré.
 
Un super bon rythme, une écriture dynamique, un style incisif et drôle. Biba.




MON AVIS :



Un roman fondant, doux et tendre comme un caramel beurre salé. De la tendresse et le sel des larmes qui glissent au milieu des sourires, une trentenaire, la jolie Julia, qui grandit et s'épanouit au fil des pages.


Ce roman c'est l'apprentissage de la vie : le deuil, le chagrin d'amour, les copains, les quiproquos et le grand Amour, comme on se jette dans le grand bain, un matin frisquet avec une pléiade de résidents pliés en quatre de leur mauvaise blague. Les "Tamaris" sont attachants voire "attachiants" comme Léon-le-ronchon et on a peur qu'ils basculent "Tamaloùs" sans raison.

Julia n'est pas arrivée là par hasard, psychologue de formation, l'adulescente insouciante va sortir de sa chrysalide pour devenir un vrai beau papillon, rattrapée par la réalité de la vie. Elle sera la petite fille rêvée de ces pensionnaires qu'elle ne savait pas bien comment prendre... Alors elle les a écouté et elle a grandi au coeur de Raphaël, d'Isabelle, Greg, Marine et du gang des Mamies parce qu'ils "déchirent les Yeuves" !

A l'inverse de ce joyeux film de 1985, COCOON, cette fois ce sont les "jeunes" qui se revitalisent au contact des résidents. Ces vieux là ne sont pas des aliens mais ils ont de curieuses pratiques certaines nuits... C'est joyeux comme une coloc', savoureux, addictif, sensible, bien écrit ! c'est un livre mélan-comique dont on sort les zygomatiques en position haute !


Lorsqu'on ferme ce roman : on décroche son téléphone juste pour s'entendre dire des futilités aux gens qu'on aime... Un roman qui vous fera vous sentir bien, à déposer absolument sur votre serviette de bain moelleuse cet été !!




samedi 1 juillet 2017

LE VERTIGE DES FALAISES

LE VERTIGE DES FALAISES de GILLES PARIS
Aux Editions PLON    244 Pages


Après le best-seller Autobiographie d'une Courgette, le nouveau roman de Gilles Paris met en scène Marnie, une adolescente effrontée, sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, trois femmes au fort caractère. Un jeu de dupes ou les masques tombent les uns après les autres. 

Et si une seule personne détenait tous les secrets d'une famille sans le laisser paraître ?

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au coeur d'une imposante maison de verre et d'acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l'île tout entière.

Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.
Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s'en libérait enfin ?



MON AVIS :


Gilles Paris nous annonce par la voix de Marnie, le décès du père de cette jeune fille de 14 ans. 

Le décor est planté : Un mort dès la première page. Une île sauvage reliée au continent par un bateau, une maison transparente "Glass" faite de verre et d'acier, dominante, ouverte sur le paysage, baignant dans la lumière. Pourtant l'atmosphère est plombée et les relations dans la famille Mortemer, tendues par des non-dits.

Cette gamine bravache passe son temps à courir l'île, à marcher au bord de la falaise comme une funambule avec son amie Jane et Vincy le fils du pharmacien. Elle dort dans les granges plutôt que dans sa confortable maison, construite par son grand-père Aristide. Il y a bien Prudence : la gouvernante qui tente d'avoir l'oeil sur elle, mais sa priorité est d'être au service d'Olivia, sa grand-mère.


Marnie est fascinée par le continent et les lieux qui brillent, ceux qui attiraient son père Luc. Luc tombé follement amoureux de Rose, sa mère, mais incapable de rester sur l'île. La maison "Glass" est l'écrin lumineux, d'une histoire familiale sombre, nourrit d'amour incandescent et de haine rampante.

Dans cette histoire, les femmes sont dignes, silencieuses, seules, profondément amoureuses ou haineuses ; les hommes fuyants, faibles, violents, amoureux, fatalistes... Gilles Paris cisèle de son écriture sensible, un suspense à la "Agatha Christie" et une vision de la noirceur des hommes, au gré des révélations de ses personnages. 


Marnie a toujours été là, la nuit au pied du lit de ses parents, dans l'escalier, plus on avance dans le roman, plus on se rend compte que personne n'était dupe : Géraud, le médecin ; Côme, le confesseur, Manos le coiffeur d'Olivia et de Rose, alors Marnie s'est-elle construite dans l'ignorance des secrets de chacun ? Marnie répond : "Mon pays n'a rien à voir avec celui des merveilles, j'ai quatorze ans, j'ai cent ans, peu importe, je sais des choses"


Le vertige des falaises porte merveilleusement son titre. L'auteur vous plonge de manière vertigineuse au pas de deux, d'Agatha et d'Alfred, dans un paysage sauvage où le mystère de la famille Mortemer finira par être levé !  Alors, accrochez-vous, vous allez être surpris !






jeudi 15 juin 2017

UNE BONNE INTENTION

UNE BONNE INTENTION     
Solène Bakowski
Livre numérique auto-édition Format Kindle

« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ? 


Mon Avis :

Je remercie l'auteure de m'avoir permis de découvrir son roman en avant-première. 

J'ai été happée par l'atmosphère angoissante qu'elle a créée autour d'une famille somme toute ordinaire. Ses secrets, ses lâchetés, ses non-dits pour la bonne cause bien sûr : "L'enfer est pavé de bonnes intentions" 

Un couple, un enfant, des grands-parents : le bonheur. L'amour si puissant, d'une femme pour son mari, qu'il va engendrer un vide sidéral dans le coeur de Nicolas, lorsque Karine les quitte pour le Pays Blanc...

Il n’est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidence
(Extrait de Ouverture chantée par Etienne Daho)

Mathilde, neuf ans, doit faire face à l'absence de sa Maman, comprendre le chagrin et la colère de son Papa, laisser Éliane, sa grand-mère, s'occuper d'elle. Mais personne ne lui prête réellement d'attention, sauf Magali, la Maîtresse si gentille.

Magali "raconte qu’écrire, ça fait fuir la douleur. Que la douleur, elle n’aime pas trop les mots, qu’ils lui font peur à cause du pouvoir qu’ils ont sur les gens et sur les sentiments. Magali, ma maîtresse, elle ajoute que la peine est moins lourde à porter, qu’elle est même toute rabougrie quand on la raconte. C’est comme de la magie." 

Alors Mati se dit que quitte à écrire, elle va confier son chagrin, ses peurs à sa Maman, partie au Pays Blanc. Elle trouvera sur son chemin, ce drôle d'ange, capable de lui apporter les réponses à ses lettres. Tout irrémédiablement en sera changé.

Chaque pièce du puzzle prend place dans ce thriller psychologique où l'on découvre les secrets connus du plus grand nombre, cachés à ceux qui pourraient en souffrir. 

Belle découverte que ce roman intense, à l'intrigue angoissante, bien menée mais CHUT... l'issue est émouvante. LE livre à mettre dans votre liseuse cet été !

mardi 30 mai 2017

LA FERME DU BOUT DU MONDE

LA FERME DU BOUT DU MONDE   


Sarah VAUGHAN  
Editions PRELUDES  448 pages    

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.

1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. 

Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. 
Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.


MON AVIS

J'ai d’abord été attirée par la couverture délicate. Sarah Vaughan enracine en Cornouailles, le destin de ses personnages, entre 1943-1944 et 2014.

L’alternance entre les deux époques, les rebondissements, donne du rythme à la narration, la rend captivante.

À l'époque trouble de la guerre, des enfants étaient envoyés à l'abri dans cette région sauvage, battue par les vents. Will et Lucy, jeunes Londoniens, débarquent ainsi dans la ferme des Petherick. Maggie les accueille et grandit avec eux.

L'auteure dépeint Skylark, le refuge surplombant l’océan, la dureté de la vie paysanne, la fierté de produire pour l’effort de guerre, ses joies simples aussi  : l'agnelage, les récoltes. On se laisse séduire même si beaucoup de personnages interviennent dans l'histoire, trop peut-être.

2014, Maggie est une vieille dame qui se sent décliner. Au crépuscule de sa vie, elle s'accroche à la ferme familiale, à l’espoir ténu qu'on l'y retrouve. Elle refuse de baisser les bras malgré les difficultés économiques.

Ce bout du monde est peuplé de personnalités en recherche d'une réponse, comme Lucy : "Suis-je à la bonne place" ? Et si, pour Alice : J'avais pris une autre décision tout aurait-il pu être différent ?

Un roman touchant qui vous fera sentir le vent dans vos cheveux, le sel de la mer vous piquera les yeux, à moins que ce ne soit autre chose…
A emporter dans vos bagages pour les vacances absolument !