samedi 16 septembre 2017

LE COUPLE D’À CÔTÉ

LE COUPLE D’À CÔTÉ de SHARI LAPENA
336 PAGES aux Editions Presses de la Cité



Ne vous fiez pas au bonheur de façade...
Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins. Au dernier moment, la baby-sitter leur fait faux bond. Qu'à cela ne tienne : ils emportent avec eux le babyphone et passeront toutes les demi-heures surveiller le bébé. La soirée s'étire. La dernière fois qu'ils sont allés la voir, Cora dormait à poings fermés. Mais de retour tard dans la nuit, l'impensable s'est produit : le berceau est vide.




Pour la première fois, ce couple apparemment sans histoire voit débarquer la police chez lui. Or, la police ne s'arrête pas aux apparences... Qu'est-ce que l'enquête va bien pouvoir mettre au jour ?

Un chef-d'oeuvre de suspense, de twists et de faux-semblant, best-seller en Grande-Bretagne et aux États-Unis, déjà en cours de publication dans 30 pays.


MON AVIS :

Je remercie Babelio et Les presses de la Cité de m'avoir proposé la lecture de ce roman.

Un thriller relatant l'enlèvement d'un enfant, la relation de voisinage entre deux couples habitant une maison mitoyenne... Des apparences trompeuses ? j'ai eu peur de ne pas accrocher, tant j'avais aimé "Derrière les portes".

Somme toute une première sortie depuis la naissance de Cora, chez les voisins les Stillwell, qui aurait dû être agréable, sans la petite, car Cynthia n'aime pas les bébés.  Juste un jardinet à traverser, la maison est mitoyenne de la leur, l'assurance d'être vite de retour auprès de leur fille. Anne est toujours fatiguée, traitée pour une dépression post-partum. Elle s'est laissée convaincre par Marco et les précautions proposées. Il a souligné que Cynthia voulait une soirée entre adultes, c'est si prêt, qu'aurait-il pu se passer ?

Seulement voilà, malgré le baby phone, les visites chacun leur tour, au chevet de la petite, toutes les trente minutes, à 1h35 du matin c'est le drame, la petite a disparu de son petit lit à l'étage.

Quoi de plus horrible pour les parents ! Le frisson vous secoue l'échine et vous embarquez dans l'angoisse de la mère, les questionnements de la grand-mère. Les relations entre époux et voisins.
L'étrange et stoïque inspecteur Rasbach vous entraîne dans ses certitudes : les parents bien sûr. 
De quelle pathologie a souffert Anne dans sa jeunesse ? Les affaires de Marco sont-elles florissantes. Simplissime donc ! c'est l'un ou l'autre ou mieux les deux... 

Mais ne dit-on pas que : "l'important c'est le voyage pas la destination". C'est tout à fait vrai avec cette histoire qui ne va pas révolutionner le genre MAIS l'auteure réussit à vous emporter dans un suspense, des rebondissements qui vous bousculeront. Tout le monde aurait-il quelque chose à cacher ?


Les personnages sont plus complexes qu'il n'y paraît et l'on tourne les pages, cela devient addictif ! L'histoire est rythmée, bien construite, les amoureux des thrillers s'attacheront à la psychologie des protagonistes. 


L'auteure nous fait danser à son tempo, c'est un rock acrobatique qui s'accélère au milieu du livre. L'énigmatique Rasbach vous laissera croire que vous avez tout découvert, mais vous ne ferez qu'effleurer la vérité !


L'histoire est ingénieusement inventive et chronophage, vérifiez que vous disposez de temps pour vous y plonger, vous ne pourrez pas le lâcher.

lundi 21 août 2017

LE BOUC EMISSAIRE

LE BOUC EMISSAIRE    480 PAGES
DAPHNE DU MAURIER  Editions Livre de Poche


John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean… Comme dans Rebecca, on retrouve dans ce livre la cruauté, l’étrangeté et l'art du suspense de Daphné du Maurier.


MON AVIS
Un classique à emporter pour les vacances ? Pourquoi pas ce roman moins connu que Rebecca de Daphné du Maurier.
John et Jean de Gué, le buffet de la gare, un grand miroir, deux regards absolument identiques se croisent.
John l'anglais, plus français que nature, passionné d'histoire, vient faire le point, dans l'Abbaye de la Grande Trappe, sur sa vie. Aucunes attaches, il est un professeur de français amoureux de la France, personne ne l'attend. Jean de Gué, Bordelais, fils de famille de riche verriers rentre d'un périple parisien. Il n'a pas précisé quand il rentrerait au domaine. 
Ces deux-là vont dîner au Buffet de la Gare du Mans, comme pourraient l'avoir fait deux êtres interloqués par leur si profonde ressemblance.
Seulement voilà, Jean voit en John l'échappatoire qu'il n'attendait plus... Jean de Gué étouffe dans sa vie de châtelain, les non-dits de sa famille pleine de rancoeurs, sans véritable joie, ni amour. La verrerie familiale lui pèse, il est acculé. Il va raconter son histoire à John, lui proposer de prendre sa place comme s'il s'agissait d'une aventure et devant le peu d'empressement de l'anglais, forcer le destin en lui volant son identité, ne lui laissant aucun autre choix que celui de se mettre dans sa peau.
John a bon fond. Il va s'attacher à Marie-Noëlle, la fille de Jean, aux femmes de cette famille, à la verrerie. Il va découvrir la maîtresse du châtelain, mais aussi son profond égoïsme, sa désinvolture. Lui qui se rêvait français, va se sentir enfermer dans cette drôle de situation, la tension va monter crescendo au fur et à mesure de ses découvertes concernant la personnalité de Jean et de son environnement.  Il a l'illusion d'avoir trouvé une famille, de n'être plus seul mais les problèmes à régler et ce qu'il va mettre au jour sont si lourds... N'était-il pas mieux dans sa petite vie triste ? Comment peut-il trouver les solutions tant espérées pour sauver la verrerie, le domaine ? Existe-t-il un syndrome du sauveur chez John, endosser la vie de son double suffira-t-il a donné un sens à sa propre vie ?
Beaucoup de sujets sont abordés dans ce roman, la solitude, l'hypocrisie, le pardon, l'opportunisme y compris pendant cette période trouble de la Seconde Guerre mondiale. Le suspense et la tension qui monte jusqu'à cette fin très inattendue rendent le roman addictif. 
On veut savoir si Jean reprendrait sa place, si John saura faire prendre à sa vie un tour plus heureux... Cette histoire est un questionnement sur l'identité, le bien et le mal. Tout le monde a-t-il réellement été dupe ? J'ai beaucoup aimé ce roman, à vous de le découvrir maintenant !

mardi 15 août 2017

LE GANG DES RÊVES

LE GANG DES RÊVES de Luca Di Fulvio
Editions Pocket 942 pages

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?






MON AVIS :

Ce roman fait battre le coeur ! 

Les années 1900 vécues par une poignée de personnages à l'heure du "tout est possible" pourvu que ce soit en Amérique. La naissance de New York vécue par ceux qui ont eu la chance de quitter Ellis Island, de devenir américain même s'ils ne comprennent pas la langue. Les ghettos : Italien Lower East Side, Juif, Nègre et le mépris des uns pour les autres, jusqu'à ce que le rêve existe pour ceux qui entreprennent de le faire vivre.

Cetta a fui un destin tragique, la misère n'est pas moins pénible au soleil et malgré les précautions de sa mère, elle subira la pire des violences faites aux femmes : le viol. Elle a choisi d'offrir un avenir à son fils : il sera américain ! Natale deviendra Christmas.

Un roman dérangeant dans sa première partie avec les exactions commises par Bill, la dureté de la vie pour tous ces pauvres venus d'ailleurs puis vibrant et attachant comme le lien entre Cetta et Sal, l'Amitié avec un grand A entre Santo et Christmas, de l'Amour entre Ruth et son grand-père Saul, enfin celui de Christmas immédiat pour Ruth dès qu'il a croisé ses yeux verts tuméfiés le soir tragique ou elle a voulu tromper son ennui de petite fille riche.

Chaque personnage a une existence et cette saga ne serait pas la même s'il manquait ne serait-ce que l'un d'entre eux ! Christmas et son bagout de gamin des rues, sa débrouille et sa faconde intelligente lui feront vivre la naissance du cinéma, de la radio grâce à Karl et au magasinier noir qui lui affirmeront qu'il a un nom de nègre. Avec lui, vous croirez au "Diamond Dogs" et vous hisserez le torchon bien haut sous l'horloge perpétuelle de la CKC.

On vit la grande dépression, la discrimination, la mafia et le début des grandes industries : automobile avec Ford, le cinéma, la radio. Il suffisait d'y croire et le rêve était possible...

A lire absolument ce roman qui devrait devenir un classique et pourquoi pas une adaptation cinématographique. Tout y est pour captiver le lecteur et le laisser orphelin de tous ces personnages plus vrais que nature !



mercredi 26 juillet 2017

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS PLUS GRANDE
Virgine Grimaldi 477 pages 

Quand Julia débarque comme psychologue à la maison de retraite Les Tamaris, elle ne croit plus guère au bonheur. Une fois sur place, elle se souvient aussi qu'elle ne déborde pas d'affection pour les personnes âgées. Dire qu'elle a tout plaqué pour se sauver, dans tous les sens du terme.
Mais au fil des jours, la jeune femme découvre que les pensionnaires ont  des choses à lui apprendre. Son quotidien avec des papys farceurs, des mamies fantaisistes et des collègues au cœur brisé lui réserve des surprises qui pourraient bien l’aider à retrouver le sourire. Sans oublier Raphaël, le petit-fils d’une résidente, qui ne lui est pas indifférent…
Une histoire de résilience, d’amour, d’amitiés, un livre plein d’humour et d’humanité, qui donne envie de savourer les petites joies de l’existence.
  
C’est émouvant, c’est pétillant, c’est frais. Une belle réussite. Le Dauphiné libéré.
 
Un super bon rythme, une écriture dynamique, un style incisif et drôle. Biba.




MON AVIS :



Un roman fondant, doux et tendre comme un caramel beurre salé. De la tendresse et le sel des larmes qui glissent au milieu des sourires, une trentenaire, la jolie Julia, qui grandit et s'épanouit au fil des pages.


Ce roman c'est l'apprentissage de la vie : le deuil, le chagrin d'amour, les copains, les quiproquos et le grand Amour, comme on se jette dans le grand bain, un matin frisquet avec une pléiade de résidents pliés en quatre de leur mauvaise blague. Les "Tamaris" sont attachants voire "attachiants" comme Léon-le-ronchon et on a peur qu'ils basculent "Tamaloùs" sans raison.

Julia n'est pas arrivée là par hasard, psychologue de formation, l'adulescente insouciante va sortir de sa chrysalide pour devenir un vrai beau papillon, rattrapée par la réalité de la vie. Elle sera la petite fille rêvée de ces pensionnaires qu'elle ne savait pas bien comment prendre... Alors elle les a écouté et elle a grandi au coeur de Raphaël, d'Isabelle, Greg, Marine et du gang des Mamies parce qu'ils "déchirent les Yeuves" !

A l'inverse de ce joyeux film de 1985, COCOON, cette fois ce sont les "jeunes" qui se revitalisent au contact des résidents. Ces vieux là ne sont pas des aliens mais ils ont de curieuses pratiques certaines nuits... C'est joyeux comme une coloc', savoureux, addictif, sensible, bien écrit ! c'est un livre mélan-comique dont on sort les zygomatiques en position haute !


Lorsqu'on ferme ce roman : on décroche son téléphone juste pour s'entendre dire des futilités aux gens qu'on aime... Un roman qui vous fera vous sentir bien, à déposer absolument sur votre serviette de bain moelleuse cet été !!




samedi 1 juillet 2017

LE VERTIGE DES FALAISES

LE VERTIGE DES FALAISES de GILLES PARIS
Aux Editions PLON    244 Pages


Après le best-seller Autobiographie d'une Courgette, le nouveau roman de Gilles Paris met en scène Marnie, une adolescente effrontée, sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, trois femmes au fort caractère. Un jeu de dupes ou les masques tombent les uns après les autres. 

Et si une seule personne détenait tous les secrets d'une famille sans le laisser paraître ?

Sur une île sauvage et désertée, Marnie, adolescente effrontée et fragile, vit au-dessus des falaises au coeur d'une imposante maison de verre et d'acier avec sa mère Rose et sa grand-mère Olivia, qui règne sur la famille et sur l'île tout entière.

Des plaines aux herbes hautes, des sentiers au bord de mer, la nature se révèle aussi cruelle que les mystères trop longtemps ensevelis.
Et si une seule personne détenait tous les secrets de cette famille et s'en libérait enfin ?



MON AVIS :


Gilles Paris nous annonce par la voix de Marnie, le décès du père de cette jeune fille de 14 ans. 

Le décor est planté : Un mort dès la première page. Une île sauvage reliée au continent par un bateau, une maison transparente "Glass" faite de verre et d'acier, dominante, ouverte sur le paysage, baignant dans la lumière. Pourtant l'atmosphère est plombée et les relations dans la famille Mortemer, tendues par des non-dits.

Cette gamine bravache passe son temps à courir l'île, à marcher au bord de la falaise comme une funambule avec son amie Jane et Vincy le fils du pharmacien. Elle dort dans les granges plutôt que dans sa confortable maison, construite par son grand-père Aristide. Il y a bien Prudence : la gouvernante qui tente d'avoir l'oeil sur elle, mais sa priorité est d'être au service d'Olivia, sa grand-mère.


Marnie est fascinée par le continent et les lieux qui brillent, ceux qui attiraient son père Luc. Luc tombé follement amoureux de Rose, sa mère, mais incapable de rester sur l'île. La maison "Glass" est l'écrin lumineux, d'une histoire familiale sombre, nourrit d'amour incandescent et de haine rampante.

Dans cette histoire, les femmes sont dignes, silencieuses, seules, profondément amoureuses ou haineuses ; les hommes fuyants, faibles, violents, amoureux, fatalistes... Gilles Paris cisèle de son écriture sensible, un suspense à la "Agatha Christie" et une vision de la noirceur des hommes, au gré des révélations de ses personnages. 


Marnie a toujours été là, la nuit au pied du lit de ses parents, dans l'escalier, plus on avance dans le roman, plus on se rend compte que personne n'était dupe : Géraud, le médecin ; Côme, le confesseur, Manos le coiffeur d'Olivia et de Rose, alors Marnie s'est-elle construite dans l'ignorance des secrets de chacun ? Marnie répond : "Mon pays n'a rien à voir avec celui des merveilles, j'ai quatorze ans, j'ai cent ans, peu importe, je sais des choses"


Le vertige des falaises porte merveilleusement son titre. L'auteur vous plonge de manière vertigineuse au pas de deux, d'Agatha et d'Alfred, dans un paysage sauvage où le mystère de la famille Mortemer finira par être levé !  Alors, accrochez-vous, vous allez être surpris !






jeudi 15 juin 2017

UNE BONNE INTENTION

UNE BONNE INTENTION     
Solène Bakowski
Livre numérique auto-édition Format Kindle

« Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires. »

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ? 


Mon Avis :

Je remercie l'auteure de m'avoir permis de découvrir son roman en avant-première. 

J'ai été happée par l'atmosphère angoissante qu'elle a créée autour d'une famille somme toute ordinaire. Ses secrets, ses lâchetés, ses non-dits pour la bonne cause bien sûr : "L'enfer est pavé de bonnes intentions" 

Un couple, un enfant, des grands-parents : le bonheur. L'amour si puissant, d'une femme pour son mari, qu'il va engendrer un vide sidéral dans le coeur de Nicolas, lorsque Karine les quitte pour le Pays Blanc...

Il n’est pas de hasard
Il est des rendez-vous
Pas de coïncidence
(Extrait de Ouverture chantée par Etienne Daho)

Mathilde, neuf ans, doit faire face à l'absence de sa Maman, comprendre le chagrin et la colère de son Papa, laisser Éliane, sa grand-mère, s'occuper d'elle. Mais personne ne lui prête réellement d'attention, sauf Magali, la Maîtresse si gentille.

Magali "raconte qu’écrire, ça fait fuir la douleur. Que la douleur, elle n’aime pas trop les mots, qu’ils lui font peur à cause du pouvoir qu’ils ont sur les gens et sur les sentiments. Magali, ma maîtresse, elle ajoute que la peine est moins lourde à porter, qu’elle est même toute rabougrie quand on la raconte. C’est comme de la magie." 

Alors Mati se dit que quitte à écrire, elle va confier son chagrin, ses peurs à sa Maman, partie au Pays Blanc. Elle trouvera sur son chemin, ce drôle d'ange, capable de lui apporter les réponses à ses lettres. Tout irrémédiablement en sera changé.

Chaque pièce du puzzle prend place dans ce thriller psychologique où l'on découvre les secrets connus du plus grand nombre, cachés à ceux qui pourraient en souffrir. 

Belle découverte que ce roman intense, à l'intrigue angoissante, bien menée mais CHUT... l'issue est émouvante. LE livre à mettre dans votre liseuse cet été !

mardi 30 mai 2017

LA FERME DU BOUT DU MONDE

LA FERME DU BOUT DU MONDE   


Sarah VAUGHAN  
Editions PRELUDES  448 pages    

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.

1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. 

Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. 
Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?

Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.


MON AVIS

J'ai d’abord été attirée par la couverture délicate. Sarah Vaughan enracine en Cornouailles, le destin de ses personnages, entre 1943-1944 et 2014.

L’alternance entre les deux époques, les rebondissements, donne du rythme à la narration, la rend captivante.

À l'époque trouble de la guerre, des enfants étaient envoyés à l'abri dans cette région sauvage, battue par les vents. Will et Lucy, jeunes Londoniens, débarquent ainsi dans la ferme des Petherick. Maggie les accueille et grandit avec eux.

L'auteure dépeint Skylark, le refuge surplombant l’océan, la dureté de la vie paysanne, la fierté de produire pour l’effort de guerre, ses joies simples aussi  : l'agnelage, les récoltes. On se laisse séduire même si beaucoup de personnages interviennent dans l'histoire, trop peut-être.

2014, Maggie est une vieille dame qui se sent décliner. Au crépuscule de sa vie, elle s'accroche à la ferme familiale, à l’espoir ténu qu'on l'y retrouve. Elle refuse de baisser les bras malgré les difficultés économiques.

Ce bout du monde est peuplé de personnalités en recherche d'une réponse, comme Lucy : "Suis-je à la bonne place" ? Et si, pour Alice : J'avais pris une autre décision tout aurait-il pu être différent ?

Un roman touchant qui vous fera sentir le vent dans vos cheveux, le sel de la mer vous piquera les yeux, à moins que ce ne soit autre chose…
A emporter dans vos bagages pour les vacances absolument !


mardi 2 mai 2017

UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS

UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS de Sandy HALL
Editions Hugo Roman New Way 258 Pages

De leur professeur d'écriture créative à la barmaid du Starbucks du coin de la rue... De leurs camarades de lycée au serveur du resto chinois... jusqu'à l'écureuil du parc, tous SAVENT que Lea et Gabe devraient être ensemble !  Malheureusement, Lea est une timide maladive, et Gabe un jeune homme bien mystérieux. Pourtant, il se passe VRAIMENT quelque chose de spécial entre ces deux-là, tout le monde le voit. Lisez un peu, vous serez forcément d'accord...





MON AVIS :


Merci à Babelio au travers son Masse Critique et aux Edtions Hugo New Way pour la découverte de ce bonbon acidulé qui vous capte par sa construction et son intrigue.

L'histoire de Gabe et Léa n'a rien d'exceptionnelle, la maladresse et la timidité de deux jeunes gens en première année d'université. Seulement voilà, l'histoire est vue au travers d'une description à 14 voix.

La première, celle qui va être le fil rouge, c'est celle d'Inga, Professeur d'écriture créative, incroyable romantique qui chaque année pronostique l'avènement du petit couple de l'année. Elle a même vu des mariages.

Puis viendront les camarades de classes, le chauffeur de bus, les barmaids du Starbucks, le livreur de repas chinois, le banc et l'écureuil du parc.

Tout le monde aura un avis sur la timidité maladive de Léa, sur la réserve de Gabe qui semble souffler le chaud et le froid à chacune de leur rencontre... Qu'est-ce que Gabe ne dit pas ? 

C'est un roman feel good. Son charme tient dans la diversité des points de vue même s'ils sont convergents sur un point : "Qu'est-ce qu'ils sont mignons" ces deux-là ! L'attraction s'explique-t-elle par des équations mathématiques ? Comme le prétend le vendeur de la supérette.

Il y a des invraisemblances auxquelles on a définitivement envie de croire ! Cet exercice à plusieurs voix rend magique cette romance étudiante qui a UN PETIT QUELQUE CHOSE EN PLUS que les romantiques de tous âges savoureront comme une douceur !






jeudi 27 avril 2017

OSTENDE 21



OSTENDE 21 Arthur LOUSTALOT
198 pages aux Editions LES ESCALES DOMAINE FRANCAIS


Adèle et Joseph ont le pouvoir et la grâce de la jeunesse. Amoureux fous.

Une virée en Belgique leur fait découvrir Ostende. Ils dorment dans les anciens thermes, un immense palais défraîchi est faite pour jouer.
Adèle et Joseph ont rendez-vous avec la chance. Ils sont sûrs d'avoir trouvé la formule pour triompher aux tables de black-jack. Il n'y a qu'une condition pour prolonger le rêve : ne pas dépasser 21.
Les amants envoûtés perdent et gagnent. Protégés du monde extérieur, dans les cris électriques des machines et cet instant suspendu où les cartes se révèlent, leur passion exulte. Ils reviendront, c'est une promesse. Alors le piège se referme.


Arthur Loustalot signe un roman déchirant sur l'amour, la jeunesse et l'emprise - sur toutes nos folies.


Mon avis :


Adèle et Joseph avaient besoin de plus... Leurs amis à Paris s'abîmaient d'ennui en respirant une ligne sur un miroir pour s'amuser, pas eux. Ils ont choisi Ostende et le 21, 21, 21 !


Sous le portique, ils avaient échangés un OUI. A la minute même où ils s'étaient vus, ils avaient su. Cet amour flamboyant, ils l'ont fait vibrer, dans la grisaille d'Ostende, intensivement. 

Le Kursaal, le Black-Jack, bien plus qu'un jeu, une dose d'adrénaline. Le besoin de bousculer leurs vies et de la VIVRE intensément. Une martingale pour gagner partout, toujours... Ils peuvent le faire, c'est devenu vital. 
"Carole les questionna sur leur plaisir de jouer. "Vous y allez souvent ?". Et puis : "Mais vous savez que ça peut-être dangereux, je veux dire, addictif ?"

Jim, le croupier, les reconnaît tout de suite, ils sont de ceux qui brûlent leur vie et mettent en danger leur passion pour exister ensemble. On peut tout perdre et s'en sortir, il faut juste essayer. 
La mer ramènera Adèle à bon port, Joseph en est convaincu !

Arthur Loustalot livre cette histoire d'amour ardente où les passions dévorantes du jeu et leurs sentiments sont exacerbés. Il vous laisse croire, parce qu'il ne peut pas en être autrement, que leur amour est plus fort que l'addiction ! C'est ce que j'ai choisi de croire... et vous, qu'en penserez-vous ?!




mercredi 5 avril 2017

ENTRE CIEL ET LOU

ENTRE CIEL ET LOU 
Selection 2017 Prix des Lecteurs
Lorraine Fouchet 367 pages

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait au côté de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !


En bonus : recettes et postface inédites.



MON AVIS :  Je lui décerne mon prix "tendresse et émotions" 2017.

D'abord il y eut Lou, ciment de cette famille composée et décomposée au gré des blessures de ses membres.

Mais surtout, il y a "ce caillou de huit kilomètres sur quatre, planté au milieu de l'océan". Les Groisillons aiment en pagaille, les Québécois tombent en amour. 

C'est la genèse des romans de Lorraine Fouchet : L'amour de l'île de Groix, ses tempêtes, ses amitiés, ses goélands et la tendresse qu'elle porte à ses personnages cabossés par la vie mais disponibles pour aimer.

Cette histoire pilotée par Lou de "là où on va après", rythmée par l'écho que chacun y apporte est : tendre, douce-amère, vivifiante, lumineuse, tellement humaine. Les fêlures des personnages font le sel de l'intrigue et l'amour ou son manque, le ciment de leurs vies.


Jo, lui, depuis qu'elle s'est éclipsée entend la si belle chanson d'Aubert : "Il manque un temps à ma vie, il manque un temps j'ai compris, il me manque toi, mon alter ego." 

Sait-on si l'on est heureux ? si nos proches le sont ? c'est la question soulevée par ce roman et la réponse qui y est apportée par les personnages est poétique et tendre. 


J'ai lu ce roman en deux petites journées, vous serez captés par l'air iodé et les larmes salées que vous partagerez avec Sarah, Cyrian, Albane, Pomme, Charlotte et par l'incommensurable amour de Lou pour son Piroche.


dimanche 2 avril 2017

MEURTRES POUR REDEMPTION

MEUTRES POUR REDEMPTION de Karine GIEBEL
Editions Pocket 989 pages

Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière.
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes.
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l'esprit au-delà des grilles. Grâce à l'amitié et à la passion qui portent la lumière au cœur des ténèbres.
Pourtant, un jour, une porte s'ouvre. Une chance de liberté.
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n'aspire qu'à la rédemption.



MON AVIS

Brave gens qui vous dites que prendre perpétuité c'est au moins garder la vie et payer sa dette à la société pour les crimes odieux commis, que c'est mérité ! Alors ouvrez ce livre et mangez-vous la gifle monumentale que ce récit vous enverra !

989 pages à enrager contre les injustices, la violence, où vous vivrez les peurs et la rage de Marianne. Cette gamine de 20 ans rongée par le remord, la peine d'avoir perdu Thomas. Obligée à vendre sa seule possession pour faire face à ses addictions : la clope et la dope. Ces rendez-vous du lundi avec Daniel lui donneront la nausée mais paradoxalement seront sa raison de vivre, de tenir.

Vous ne passerez plus jamais devant les murs d'une maison d'arrêt sans penser à Marianne à VM, aux hyènes mais aussi à la Marquise ou à Portier. La violence et la rancoeur ne sont pas à égalité de chaque côté des barreaux, mais elles existent pourtant et peuvent mener à des exactions du côté des matons aussi, la peur est un moteur incroyable. 
Le poète chantait : « Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir » Marianne a pris plusieurs fois perpétuité. Elle a été jugée comme un monstre à figure d'ange malgré cela elle a pu choisir son destin.

Vous donnerez l'absolution à Marianne, pleurerez avec elle sur Clarisse, Emmanuelle, est-elle si mauvaise alors ? Ce roman nous raconte que la noirceur, la haine et la malhonnêteté ne sont pas l'apanage des repris de justice mais parfois du côté des dépositaires de l'autorité mais ce n'est que fiction bien sûr…

Je me suis accrochée à ce livre comme on s'accroche à une bouée dans un océan déchaîné. J'ai été ballottée, souffletée…. J'ai versé des larmes, ai détesté l'auteur de m'avoir laissé croire qu'on pouvait trouver la lumière dans ce puits de noirceur mais si c'était à refaire, je referai ce chemin !
Karine Giébel est un chef d'orchestre hors pair, son requiem m'a touché au coeur !




vendredi 24 mars 2017

DERRIERE LES PORTES

 DERRIERE LES PORTES de B.A.PARIS
Aux Editions Hugo Thriller

En apparence, Jack et Grace ont tout pour eux. L'amour, l'aisance financière, le charme, une superbe maison. Le bonheur. Vous connaissez tous un couple comme celui qu'ils forment, le genre de couple que vous aimeriez connaître mieux. Vous adoreriez passer davantage de temps avec Grace, par exemple. L'inviter à déjeuner, seule. Et pourtant, cela s'avère difficile. Vous réalisez que vous ne voyez jamais Jack et Grace l'un sans l'autre. Est-ce cela que l'on appelle le grand amour ? À moins que les apparences ne soient trompeuses. Et que ce mariage parfait ne dissimule un mensonge parfait. Car pourquoi Grace ne répond-elle jamais au téléphone ? Et pourquoi les fenêtres de la chambre sont-elles pourvues de barreaux ? UN PIÈGE CRUEL ET DIABOLIQUE UN LIVRE BRILLANT ET TERRIFIANT


MON AVIS :

Jack l'a choisie, elle et pas une autre. Un si beau parti, bel homme qui dédie sa vie à la défense des femmes battues. Un être rare. Elle l'a remarqué immédiatement dans le parc, la cour qu'il lui a faite a été si délicate, un rêve.

Grace et Jack, vivent aux yeux de tous un amour fusionnel, on les voient rarement l'un sans l'autre. Rarement ? A bien y penser : jamais ! sauf quand Millie les accompagnent. Millie une jeune fille trisomique aux joies simples, voir sa soeur, déjeuner à l'hôtel, être choisie pour être la demoiselle d'honneur à leur mariage. Attendre que la chambre jaune soit prête à l'accueillir, bientôt…

Grace est si jolie, maîtresse de maison accomplie depuis son mariage. Elle a en effet renoncée à sa carrière et s'occupe de son foyer de rêve, du bien-être de Millie, prend plaisir à recevoir leurs amis : un vrai cordon bleu ! Faut-il qu'elle excelle en tout ?

Une maison de rêve, des vacances régulières en Thaïlande, une place pour sa soeur mais une angoisse de mal faire permanente… Grace , au fil des pages, livre sa tragique histoire que personne ne croira : le masque tombé, le prince charmant a quelque chose de machiavélique et d'inquiétant…


Comment ne pas rêver d'un époux comme Jack Angel, si merveilleux, mieux que George Clooney, voici la question qui se pose dans les 50 premières pages puis « M. Hyde » fait son entrée. Vous découvrirez alors ce qui a façonné la personnalité de Jack et ce qu'il se cache derrière les portes de la splendide maison du couple Angel.

Entre passé et présent, B.A. Paris livre une histoire angoissante, la tension monte crescendo. Un premier roman parfaitement réussi. 

Le talent de l'auteure est de vous embarquer dans une histoire haletante, au rythme effréné, dans un suspens quasi insoutenable, qui vous obligera à dévorer ce livre en quelques jours, voire quelques heures !


mercredi 8 mars 2017

FALLEN ANGEL

FALLEN ANGEL 
Aux Editions Albin Michel - 288 Pages
de Stéphanie Janicot   

Qui a tué Lucie Fersen, star incontestée de la musique contemporaine, qui avait le génie et la beauté d’un ange ?
 Le soir du réveillon, Sybille, jeune journaliste, assiste au concert du prestigieux Fersen Orchestra et à l’effondrement de sa chef d’orchestre face au public. L’ex-enfant prodige, comparée à Mozart, adulée et couverte de prix, est à 36 ans au faîte de la gloire et de la maturité. Tout le contraire de Sybille et de sa bande d’amis qui vont avoir 30 ans et peinent à s’émanciper.
 Mais ne serait-ce pas un atout pour découvrir la faille du personnage génial, paradoxal et déchirant qu’était Lucie ?


Mon avis :

Je remercie Babelio et les Editions Albin Michel de m'avoir permis la lecture de ce roman de Stéphanie Janicot. Je découvre la couverture après lecture, j'ai eu la chance de lire les épreuves.

Elle ne rend pas hommage au récit ! Lucie Fersen, Cheffe d'Orchestre hors pair, chanteuse à la voix particulière est assassinée le soir de Noël, en pleine expression de son art. L'assassinat est millimétré à la seconde prêt dans un claquement de cymbales.


Évidemment, un soir de réveillon, les pointures que ce soit dans un journal ou à la PJ ne sont pas là. Mais ce concert est l'événement de l'année à Paris, cela va permettre à Sibylle, journaliste, et son amie Anouk, flic, de mener l'enquête.

Lucie Fersen, jeune femme de presque 36 ans, a gardé la petite-fille de 5 ans qu'elle a été, prisonnière de sa vie d'adulte. Je m'attendais à une intrigue au coeur de l'orchestre philharmonique qu'elle dirige à la suite de son père. Surtout qu'autour de Lucie gravite une cour d'afficionados, de courtisans, difficile de la cerner. Sybille, sortie de son quotidien de banlieue est intriguée par cette artiste et ses relations ambigües tant avec les femmes qu'avec les hommes de son entourage. La séduction serait-elle un moyen d'arriver à ses fins ? La journaliste ne peut s'empêcher d'être en empathie avec la jeune femme si entourée et seule à la fois. 


Je me suis laissée embarquer par l'enquête qui devient vite secondaire, la découverte du parcours de Lucie, de ses amours, sa manipulation, sa volonté de maîtriser sa vie. Un point commun entre les personnages de Stéphanie Janicot, l'abandon et l'émotion. La fin de ce roman m'a surprise. Un bon moment de lecture, à ne pas manquer !