LE MONDE SELON BRITT-MARIE de Fredrik Backman

LE MONDE SELON BRITT-MARIE
de Fredrik Backman Aux éditions Mazarine - 400 pages

Britt-Marie, soixante-trois ans, n’est absolument pas passive-agressive. C’est juste que la crasse et les couverts rangés n’importe comment la font hurler intérieurement.

Après quarante ans de mariage et une vie de femme au foyer, elle a besoin de trouver un emploi au plus vite. Le seul poste qu’on lui propose la conduit à Borg, un village frappé par la crise qui s’étire le long d’une route où tout est fermé, à l’exception d’une pizzeria qui empeste la bière. Ce qu’elle ne sait pas, c’est qu’à Borg le ballon rond est roi – et s’il y a une chose que Britt-Marie déteste plus que le désordre, c’est le football.


Alors, quand les enfants du village ont si désespérément besoin d’un entraîneur que la commune est prête à confier le boulot au premier venu, peu importe qu’elle n’y connaisse rien ! Pas du genre à se laisser démonter, Britt-Marie, avec sa nouvelle casquette de coach, entreprend de faire un grand ménage à Borg, qui a, comme elle, besoin d’un renouveau et d’une seconde chance.

Le monde selon Britt-Marie est l’histoire d’une femme qui a attendu toute une vie que la sienne commence enfin. Un plaidoyer chaleureux pour tous les marginaux qui peuplent nos vies sans qu’on leur prête attention – alors que leur vision du monde peut transformer le nôtre.



MON AVIS :


Britt-Marie résout tout à grand coups de Faxin et de Bicarbonate de soude. Britt-Marie n'a pas de préjugés, elle fait la conversation à un rongeur. Britt-Marie ne juge personne. Ne vous avisez pas de l'appeler Britt, n'est-ce pas. Seule sa soeur en avait le droit.
Britt-Marie n'a pas été choyée par la vie, elle s'est rattrapée en s'occupant des autres, de Kent en particulier.

Britt-Marie a harcelé la demoiselle de Pôle Emploi. Il lui fallait absolument un emploi pas temps pour l'argent que pour avoir quelque chose à faire, ne pas périr seule dans son appartement. Elle a une obsession : ne pas déranger les voisins par l'odeur de sa décomposition, si elle devait trépasser brutalement. Ce ne serait pas correct. Un emploi donc... c'est sur sa liste.

J'ai été très intriguée par Britt-Marie, ses listes, sa façon de fonctionner, irritée parfois. L'auteur réussit son pari : donner l'envie de savoir comme cette "vieille geignarde", comme l'appelle certains, va évoluer dans un monde où il n'y a plus qu'une règle : la débrouille face à la crise.

Crise économique oblige, les commerces se sont concentrés en un seul. "Quelqu'un" s'occupe de tout et les enfants du quartier se regroupent autour d'un ballon de football et un rêve, participer à LA coupe.

Le football pour combattre la morosité d'un village traversé par une route que seuls les camions empruntent. Deux directions : celle de l'appartement de Britt-Marie et celle de Paris.

Je remercie Babelio et les Editions Mazarine pour la tendre découverte de ce roman. L'auteur nous offre un beau portrait de femme, une histoire pleine d'émotions. Découvrir à 63 ans que l'on n'a vécu que pour autrui et pourquoi.

Sauter le pas ou ne frapper à aucune porte ? comme le lui demande Vega, quel sera son choix ? Tous les personnages sont attachants de Karl à Bank, Sami, Sven ou Quelqu'un, secrets, écorchés, surtout les enfants Vega, Omar, Paddan, mais tous sont capables d'aimer Britt-Marie comme elle est. De lui apprendre qui elle est ! 


Un roman qui se lit tantôt la ride du Lion froissée, tantôt les zygomatiques en position haute et la tendresse au coeur !

Découvrir cette femme qui n'a pas travaillé en dehors de son foyer pendant plus de trente ans, qui fait des listes pour ne rien oublier, agaçante, incapable d'un comportement social "normal", s'imposer à tous comme la gardienne de la MJC et le coach de l'équipe de football local ! Comme un membre à part entière de cette drôle de communauté de Borg est un régal !




LA CHAMBRE DES MERVEILLES de Julien SANDREL

LA CHAMBRE DES MERVEILLES de Julien Sandrel 
aux Editions Calmann-Levy - 264 pages

Inattendu, bouleversant et drôle,le pari un peu fou d'une mère qui tente de sortir son fils du coma en réalisant chacun de ses rêves. Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement.

Alors il part fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.
En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…



MON AVIS :

Merci aux éditions Calmann-Levy de m'avoir permis la belle découverte de ce premier roman !

La couverture vous envoie en voyage immédiatement : Holi ou Holly ? L'histoire est piquante, chaleureuse profondément humaine, bouleversante, tendre et drôle à la fois. Le temps s'est arrêté un samedi 7 janvier à 10h32 et pourtant, que de chemin parcouru par Thelma, mère accaparée de Louis.

Les petites interventions de Louis, jeune précoce intelligent et sensible, depuis son réveil "poker face" que personne ne perçoit, après quelques jours de coma sont émouvantes et pleines d'humour. Elles ponctuent les chapitres tout au long du périple de sa Maman.

Thelma qu'on imagine sans aucun mal perchée sur des stilettos, tailleur-jupe bon chic bon genre, s'embarque, après quelques jours de prostrations et de soirées avinées, dans la réalisation des rêves de Louis. Ce sera son challenge, vivre les rêves de son fils pour lui donner l'envie de se battre, de découvrir les merveilles qu'il souhaitait accomplir.
Certaines situations sont cocasses mais ce roman à plus de profondeur qu'il n'y paraît. Les relations mère-fille, mère-fils, le choix de la mono-parentalité exclusive, l'adolescence, la recherche d'identité, l'envie d'une carrière pour donner une vie "meilleure" à son enfant au détriment d'une vraie présence, tout y est évoqué avec délicatesse.

Des invraisemblances parfois, contrebalancées par des "seconds rôles" habités, chaleureux, vivants comme Charlotte-Sophie-Davant ou Isa-Dora. Je ne serai pas étonnée que ce roman soit adapté au cinéma. L'écriture est visuelle, sensible, fluide, lumineuse.


Ce roman, c'est comme un arc-en-ciel quand il pleut, de la poésie, un mélange de Louanne et Maître Gimms. Un hymne à la vie, tout simplement.


LES DERAISONS d'ODILE D'OULTREMONT

LES DERAISONS d'ODILE D'OULTREMONT
Aux Editions de l'Observatoire - 220 pages

La vie d'Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien. Ouvrière qualifiée de l'imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.

Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l'agenda stratégique de l'employeur d'Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme. Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s'amuse à triturer dans tous les sens, l'employé modèle est exilé par un plan social aux confins d'un couloir.

Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l'altitude. Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ? Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ?



Mon Avis :

"La seule façon raisonnable de vivre en ce bas mondec'est en dehors des règles."

Louise, peintre, a décidé de mettre de la couleur dans sa vie, tous les jours. D'appeler son chien, "Le Chat", de vivre le présent pleinement. De décréter les jours en A ou en O, c'est plus rigolo. Le conformisme très peu pour elle. Louise est un Pierrot solaire qui éclaire son monde.
"Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l'exacte seconde où les choses se situaient. "Etre là", c'était sa came, sa défonce, son jus viscéral".

Adrien, lui est réglé comme une horloge suisse, petits parcours bien planifiés, optimisés pour aller au bureau, faire la tournée des clients. Employé-modèle, petite vie rangée. "ce bureau était sa niche. Il y entrait le matin à 9 heures, triait jusqu'à 11 heures les coups de fils à donner et vérifiait le matricule des clients qu'il irait visiter."

Ces deux là, n'étaient pas fait pour se rencontrer mais mieux, ils étaient faits l'un pour l'autre. Seulement voilà, le sort en a décidé autrement, pas eux. Sourire toujours c'est le credo de Louise, en toutes circonstances, le sourire et le rire aide la chimio a mieux agir, Adrien à ne pas sombrer.

La plume pleine de poésie, le verbe choisi aide à entrer de plain-pied dans l'univers parallèle de ce couple "déjanté". Bien sûr, les attitudes loufoques, hors normes, ne sont que prétextes à nous dire qu'on peut choisir le bonheur. Choisir son bonheur, tant pis pour les bien-pensants qui n'y comprennent rien, qui jugent. Peut-on, comme le petit juge Albert Vaxe, rationaliser une situation ubuesque et y appliquer une sanction, quand l'ultime vous a déjà été infligé ?

Un roman plein de tendresse, d'émotions, de poésie pour parler de sujets cruels comme le placement d'Adrien en position d'être inutile chez "Aquaplus", le reléguer en un lieu qu'aucun autre employé de l'entreprise n'a foulé ; du cancer de Louise qu'elle va traiter avec fantaisie comme à son habitude. Nul pouvoir pour ces deux-là, face à la situation, mais ils la vivront ensemble avec courage et inventivité.

Ce roman est une bulle d'émotions, du Champagne. Une ode aux petits bonheurs du quotidien, au choix de voir le verre à moitié plein en toutes circonstances surtout les pires... de se moquer éperdument de la norme. Avec brio et justesse, sans lasser malgré les loufoqueries, l'auteure vous embarque dans une histoire lunaire éclairée par le procès d'Adrien, auquel on ne comprend pas grand-chose au début, mais qui clarifie l'histoire au fil de la lecture. Je suis orpheline de la pétillante Louise.

De ces histoires mille fois racontées : un homme, une femme Cha bada bada... elle crée les déraisons à adopter pour tout affronter, vivre mieux la grisaille, la maladie, la désobéissance. Devenir Dorothy pour voir au-delà de l'Arc-en-ciel. Ce livre donne envie d'aimer la vie, tout simplement ! 


PETITS SECRETS GRANDS MENSONGES - Liane MORIARTY

PETITS SECRETS GRANDS MENSONGES
de Liane MORIARTY aux Editions Livre de Poche
576 pages

A la fête de l'école, quelqu'un a trouvé la mort.
Qui est responsable du drame ? Trois femmes à la croisée des chemins, des ex-maris et leurs nouvelles épouses, des familles recomposées (ou décomposées), qui cachent tous de redoutables petits mensonges, se retrouvent au coeur de l'affaire.

Après Le Secret du mari, best-seller international, Liane Moriarty nous plonge une nouvelle fois dans l'univers clos de ces quartiers résidentiels qui dissimulent derrière leurs jolies façades des secrets inavouables.
HBO s'est inspiré du livre pour créer une mini-série, Big Little Lies, diffusée sur OCS, avec Nicole Kidman et Reese Witherspoon - lectrices enthousiastes du roman ! - dans les rôles principaux. Un univers proche de celui de Desperate Housewives avec une rare finesse psychologique. Catherine Balle, Aujourd'hui en France.



MON AVIS :

Ce roman vous accroche dès les premières pages ! Totalement addictif.

Un meurtre a été commis lors de la soirée Quiz de l’école de Pirriwee. Station balnéaire, dans la banlieue Chic de Sydney, petite communauté haute en couleurs.

Qui est mort ? Vous ne le saurez qu’à la toute fin du roman.

En attendant, vous ferez la connaissance de Jane et Ziggy son fils, nouvelle venue dans la petite cité ; de  Maddy, figure locale, exubérante Maman de Chloé l’ado ; d’Ed son mari ; de Céleste, superbe Maman de deux jumeaux turbulents, mariée à Perry. Les destins croisés de ces jeunes femmes vont créer une intrigue particulièrement bien ficelée.

Le point central du roman : l’école de Pirriwee, son règlement, ses parents d’élèves bien-pensants. Que transmet-on à nos enfants, parfois sans le savoir ?

Liane Moriarty, très habilement, à la faveur d’allers-retours dans le passé jusqu’à 6 mois avant les faits,  de ragots distillés, à l’inspecteur Adrian Quinlan, durant l’enquête, nous dévoile les dessous du drame. Doucement le puzzle se met en place. Vous ressentirez toute une palette d'émotions, du rire aux larmes.

Les personnages sont attachants, complexes. Les thèmes abordés universels : la violence, la solidarité, l’amitié.

L’auteure brouille les pistes, nous raconte avec humour les pitreries de Maddy, ses cachotteries, la retenue et l’inquiétude de Céleste, toujours si élégante ; les déménagements incessants de Jane depuis cinq ans, l’âge de Ziggy.

Les secrets sont des poisons toxiques qui, lorsqu’ils sont révélés, peuvent créer des catastrophes !


Vous ne décrocherez pas de ce roman parfaitement rythmé, avant de savoir QUI a été tué et surtout pourquoi !
J’ai dévoré ce roman, me suis trompée de coupable...

A vous, maintenant !