IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ETOILES - VIRGINIE GRIMALDI

IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ETOILES
de Virginie GRIMALDI aux Editions FAYARD
396 pages

Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers.
Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée.
À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour.
Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire.
Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

Anna, Chloé, Lily. Trois femmes, trois générations, trois voix qui se répondent. Une merveille d’humour, d’amour et d’humanité.

Romancière à succès, Virginie Grimaldi est l’auteure de trois best-sellers, Le Premier Jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande et Le Parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.


MON AVIS :

Comme les trois précédents romans de Virginie Grimaldi, je ne serai pas étonnée de voir celui-ci devenir un coup de coeur pour ses lecteurs.

Virginie Grimaldi est une conteuse rare. De sujets douloureux et sérieux, sans peser, elle tire une histoire pleine d'espoir de jours meilleurs avec tendresse et humour.

Les portraits de Lily, Chloé, Anna, de la grand-mère d'Anna, de Julien et Noé ou des deux papys fugueurs, sont justes, savoureux, délicats. 

Un roman réconfortant qui allumera des étoiles dans vos yeux, vous donnera des envies d'aurores boréales. Les chemins que l'on emprunte parfois deviennent sombres, sinueux et l'on se perd. Anna décide de se recentrer sur l'essentiel, sa famille. Ne pas être raisonnable peut parfois être la solution. Anna veut voir le verre à moitié plein et tant pis si elle se trompe. Elle aura tout tenté !

Merci à l'auteure de nous embarquer dans ces tendres voyages où l'essentiel nous est démontré, où tout semble possible, même de couper le cordon et de donner son envol aux oisillons encore fragiles.


Je suis définitivement fan. Merci pour ces moments délicieux, réconfortants de lectures où l'on est transporté par les émotions. Les quelques heures passées entre Anna, Chloé et Lily ont illuminé ma journée. Comme les précédents, ce roman tient toutes ses promesses avec poésie.


SEULS LES ENFANTS SAVENT AIMER de CALI

SEULS LES ENFANTS SAVENT AIMER
de Cali Aux Editions Le Cherche Midi - 190 pages

L'enfance et ses blessures, sous la plume de Cali.
Seuls les enfants savent aimer. 


Seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer. 


Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l'amour s'en va. 
Seuls les enfants meurent d'amour. 
Seuls les enfants jouent leur coeur à chaque instant, à chaque souffle. 
À chaque seconde le coeur d'un enfant explose. 
Tu me manques à crever, maman. 
Jusqu'à quand vas-tu mourir ?


MON AVIS :

Je remercie sincèrement les 68 premières fois pour la découverte d'un auteur tout en émotions.


Un roman délicat pour décrire la perte, l'absence d'une mère qui depuis la naissance de Bruno était omniprésente. Maman, bien sûr, mais aussi l'institutrice de maternelle du village. L'école et la maison ne faisaient qu'une.

Le petit Cali, jugé trop petit, à protéger, n'est pas autorisé à accompagner sa famille à la dernière demeure de sa mère. Il voit tout depuis la chambre sombre de ses parents.
"L’heure que je n’ai pas vécue. Ton enterrement. Ils m’ont dit de rester à la maison, et je me retrouve là, dans ta chambre, près du lit. Je vois leur peine. Et leurs larmes sous le soleil. Je vois cela à travers le volet mal fermé. Ça pleure, ça gémit, ça se tient par les mains. Les uns derrière les autres, à petits pas. Ils empruntent la route qui mène à la place de l’Entente-Cordiale."

Il y a de la poésie dans ce malheur incommensurable qu'est la perte d'une mère. Dans la mort lente et continue du père, qui se noie dans le chagrin, on perçoit la détresse de l'enfant. Beaucoup de larmes versées, d'incompréhension des réactions de ses proches ; de rage et de colères pas toujours rentrées. Mais, il faut vivre, grandir. Bruno sera à la fois très seul, pourtant entouré des grands-parents, oncles et tantes. 

Bruno n'a que 6 ans, lorsqu'il retourne à l'école, tout le monde le regarde bizarrement. La maîtresse est gentille avec lui, l'embrasse ce qu'elle n'a jamais fait avant. Il est spécial.

Puis arrive Alex, venu d'ailleurs. Il a des yeux superbes. Cette rencontre est l'oasis dans ce désert d'amour qu'il habite. Il va découvrir l'amitié. 

L'écriture m'a semblé parfois trop adulte pour une vision d'enfant de six ans.
Sensible, douce amer, on ne peut s'en détacher, espérant ainsi connaître mieux l'auteur aujourd'hui.


Aimer, détester ou méconnaître l'artiste ne sera en aucun cas un handicap à la lecture de ce roman. Il vous embarquera de toute façon dans une émotion universelle.


LES REVEURS d'Isabelle Carré

LES REVEURS de Isabelle CARRE
304 pages aux Editions Grasset

«  On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance…  »
  I. C.  
  
Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

Mon avis :


Je remercie les 68 premières fois de m'avoir permis la lecture du premier roman d'une actrice que je trouve lumineuse.


J'ai toutefois été déstabilisée par l'entrée en matière. Trente longues pages de début de roman qui m'ont semblé obscures. Pourquoi ne pas avoir nommé clairement sa mère ?


Difficile aussi de situer ce roman autobiographie, fiction ? Une mère qui dans son rêve ne s'apercevrait pas qu'on lui a arraché son enfant dans la rue. Une famille "dentelles et château" qui ne vit que dans le regard des autres. Exiler leur fille à Pantin par peur du "qu'en dira-t-on" ? La rejeter parce qu'elle a refusé de s'inscrire dans leur histoire. Parce qu'elle a choisi de garder l'enfant. 


Un père amoureux de l'élégance de sa mère. Une mère éthérée, les yeux perdus dans le vague. Une famille qui aurait pu toucher au bonheur, qui le recherche. Un récit décousu comme la famille. Une sensibilité à fleur de pages, une écriture poétique. 

Je n'ai pourtant pas réussi à apprécier pleinement ce récit de la recherche de soi des parents, de sa recherche de structure de l'auteur au milieu de cette joyeuse pagaille familiale, même si on ressent beaucoup de sincérité dans l'écriture d'Isabelle Carré.

J'ai été touchée par le dévoilement délicat des blessures, des épisodes suicidaires, puis enfin la découverte d'un socle solide semble avoir été trouvé au théâtre pour vivre pleinement. Peut-être réconciliée avec le passé pour s'ouvrir à l'avenir, construire sa famille.